Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 15:22

Par Catherine Forestier

Extrait d'un article paru dans Normandie Magazine nr 239 (oct-nov 2010)

 

"En France, il ne faut pas dire que les ports sont régulièrement paralysés par des ouvriers fort bien payés, qui travaillent assez peu et qui ont la sécurité de l’emploi.

Il ne faut pas dire que 500 portiqueurs au Havre peuvent faire capoter un projet comme le volet maritime du Grand Paris, projet approuvé par tous les élus de la région.

Il ne faut pas dire que Marseille ou Le Havre sont les victimes de l’acharnement d’une poignée de salariés privilégiés qui préfèrent la mort de leur port à un changement de leurs habitudes.

À chaque fois qu’un port est bloqué, c’est l’économie et le renom de la région entière qui sont mis à mal, ce sont des compagnies maritimes et des entreprises qui souffrent et c’est le petit peuple, celui qui travaille, par exemple, à l’entretien des bateaux, qui est empêché de gagner son SMIC. Ces gens qu’a décrits Florence Aubenas, c’est cela le peuple, le vrai peuple, ou ce qu’il en reste. Pas ces nantis qui font leur footing derrière des banderoles. Mais il ne faut pas le dire.
[...]
Et la presse en est là, à inviter complaisamment à plastronner devant les micros tout ce qui porte drapeaux et pancartes. Touche pas à mon syndicat. Même Plantu se heurte à la censure de ses confrères journalistes et dénonce leur paralysie devant le syndicat du Livre.

Nous nous croyons libres d’agir et de parler, sans voir que la censure, même si elle ne ressemble plus à celle du passé, est toujours là. Ce qui a changé, c’est que ce ne sont plus les gouvernements qui nous l’infligent, c’est nous-mêmes qui la pratiquons ou qui la laissons pratiquer.

Ce n’est pas vraiment un progrès. Mais il ne faut pas le dire."

Partager cet article

Repost 0
Published by Lorelei - dans Divers
commenter cet article

commentaires